Extraits de réflexions préliminaires
sur la table ronde
Rapportés par Julie Boivin
Armando Silva
Les variations entre les données réelles et la perception de la réalité montrent que l’expérience quotidienne de la ville est particulièrement déterminée par la construction de l’imaginaire. Il y aurait donc plusieurs villes dans chaque ville, les citoyens construisant leur ville à partir de topographies qu’ils construisent et qui s’opposent aux repères architecturaux et urbains officiels du cadre bâti planifié.
Luc Lévesque
L’importance des pratiques urbaines citoyennes, diverses et fluctuantes, comme principe actif de réactivation et de réinvention de la place publique et comme révélateur de nouveaux espaces urbains émergents. Appropriation citoyenne, l’intelligence de repérer certains lieux abandonnés, à priori sans qualité et à évaluer leur potentiel à accueillir et à faire cohabiter une diversité d’usages. L’importance et l’impact d’un marquage identitaire des lieux, par une habitation des lieux informelle. D’abord informelles, utilisations temporaires légitimisées, la pertinence de la continuité de ces formes d’appropriation dans la durée, dans une perspective de développement urbain? Stratégies de revitalisation misant sur les pratiques urbaines citoyennes et des interventions légères d’aménagement qui permet des modes d’appropriation de l’espace public.
Mousse
Le processus de conception avec la communauté et le concept de l’unité mobile de conception. L’idée d’investir un terrain hostile, une intervention ponctuelle qui se déplace, comment déployer ces pratiques? Serait-il possible d’inventer quelque chose comme ça au square Viger? Approche écologique? Laboratoire d’intervention, recouvrir le béton, procéder à une démonstration, participation citoyenne, éducation, sensibilisation. Prétexte pour créer un momentum? Intéresser un public au lieu, susciter une appropriation? ¨Potentiel que génère le lieu pour le public, mais aussi compréhension du potentiel d’utilisation du lieu à partir d’une compréhension de la dynamique sociale et urbaine.
Devora Neumark et Lise-Anne Ndjeru
Ce cadre réflexif, enrichi par la contribution de Ndjeru prend la forme d’un récit à deux voix, d’une incursion introspective dans l’histoire personnelle de chacune. Ces récits autobiographiques non nostalgiques explorent les dimensions symboliques et concrètes du domicile (home). Le projet de co-habitation avec autrui, de constitution d’une communauté et de participation active à la vie civique est ici envisagé dans la perspective d’un nécessaire affranchissement d’une fragilité et d’une vulnérabilité intérieures tributaires des identités narratives qui se construisent et se déconstruisent à-travers les schèmes de perception de soi et de son environnement, des décalages entre les réalités concrètes et les réalités imaginées, des fractures individuelles et sociales, des mémoires et des legs, si souvent intimement liés au domicile, qui sont transmis d’une génération à l’autre et à travers différentes oppressions politiques.
Patrice Loubier
Les pratiques contextuelles dites «furtives» : clandestinité, anonymat, dispersion: Pratique où les artistes disséminent, consentent à l’abandon, font confiance, abandonnent à leur destin des signes et des objets, laisser aller, ouvrir de brèches et des potentialités. Elles opèrent par surprise, à l’improviste. Clandestines et anonymes, elles ne présupposent pas l’acte d’un artiste, ne se présentent pas comme des œuvres d’art et échappent à l’institutionnalisation. Elles sont généralement réalisées avec peu de moyens et ont un caractère spontané. Elles se passent de toute forme de médiation explicite en opérant in vivo, dans l’instant, pour surprendre l’observateur, le mettre en situation et générer des micro-expériences diverses. Les actions urbaines furtives assouplissent les mécanismes de régulation: contester en sourdine, transgresser subtilement, jouer des signes et des conventions, pour créer du jeu. Ces actions légères et ludiques ont une réelle portée pragmatique sur le milieu urbain. Le piéton et l’automobiliste se retrouvent devant un signe trafiqué, détourné de sa fonction coercitive et de son sens sans pour autant que son autorité soit neutralisée. Emplissant une double fonction, ces objets participent d’eux-mêmes à l’adoucissement de l’espace urbain.
GLOWLAB
Glowlab : nomadic group, works in space gallery, street, the web
The work is about being outside in the city: How we experience cities, use them, are inspired by them, how we approach our lives in the city, are inspired for change or for changing location. Psychogeography : «the study of specific effects of the geographical environment on the emotions and behaviours of individuals» I. S. 1958 Great to enhance the city, it gives new tools to navigate. Even Google and Yahoo have put an accent on more self-mediated experiences, changing our ways to experience cities, artistic and self-mediated experiences. This development of psychogeography is part of the reason why artists want to explore it critically again.
Pique Nique
Né de la volonté de jeunes artistes de prendre en charge la diffusion de leur travail dans une structure légère et souple (groupe autonome, sans financement, sans permis d’utilisation du domaine public). Interroge l’art d’intervention in situ. La fonction critique de l’art vient de l’impact soudainement créé par la quantité et de la diversité des œuvres / manœuvres déployées toutes en même temps et qui transforment momentanément l’espace public (dynamique, relations, environnement, occupation de l’espace, usages). Teste les limites des normes et de la conception de l’ordre établi, la légitimité des règlements, le flou et le mou qui permettent d’accommoder des occupations et des usages inhabituels de l’espace. Le déroulement de l’événement révèle beaucoup de choses sur les citoyens, les comportements, les habitudes, les désirs, les conditionnements, la capacité d’expression, les enjeux qui sont dans l’air du temps qui trouvent une résonance dans les interventions et orientent leur direction et leur sens d’une manière imprévue.
3e Impérial
Des pratiques d'art public urbain et rural à l’échelle humaine depuis les années 1990. Projets à échelle très petite et à très long terme qui fait son chemin et c’est plus important qu’à grande échelle. Pour favoriser l'émergence de nouvelles pratiques d'art public qui infiltrent l'environnement géographique et social, urbain et rural. Pour conjuguer les processus d'un art public tout terrain qui se télescope dans les espaces urbains et ruraux.
Dialécticas Urbanas, Alegoria sobre Caracas (film présenté durant la table ronde)
L’heure ne semble plus être à la planification sur le long terme et à l’anticipation des décisions politiques et des spéculations sur les pressions exercées par des considérations économiques. Elle n’est plus, non plus, à l’élaboration de visions utopiques, à des gestes isolés de création, à une planification qui matérialisent des idées qui demeurent statiques. Elle est plutôt à celle de l’analyse de situations spécifiques pour arriver à des conclusions précises en vue de résoudre des problématiques de design. Les composantes inventées par une architecture hybride connectant les éléments sociaux de la rue aux infrastructures et aux espaces collectifs. De nouvelles typologies de bâtiments à insérer dans un nouveau type de tissu urbain en constante mutation. Pour ce faire, «Now, the city needs the multifaceted wisdom of diverse talents to integrate it with design politics instead of building codes stimulating public debates.» Les nouveaux gestes urbains doivent relever les défis que pose la superposition d’une logique de transformation spontanée à la planification sur le long terme. Un processus de planification basé autant sur les aspects physiques, les fonctions et les usages en évolution, donc sur des temporalités, perspectives qui s’ouvrent sur des occasions à saisir. Urban-Think Tank
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